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Debout les Noirs !
Aidez-nous à aider les jeunes
Il y a cinq ans naissait à Paris Africagora, club de cadres et d’entrepreneurs originaires d’Afrique et des DOM TOM pour constituer un réseau d’échanges et d’opportunités. Cependant, devant les situations d’exclusion professionnelle subies par la communauté noire de France, et principalement par les jeunes diplômés, nous avons décidé en 2001 de créer une association loi 1901 pour alerter les pouvoirs publics, valoriser les parcours et les initiatives de la diaspora, et pour promouvoir l’intégration par le haut (formation, emploi, création d’entreprise).
De nouvelles missions ont donc dû être adoptées, autres que celles de valorisation et de témoignage que nous nous étions fixées il y a cinq ans : l’identification des compétences et des potentiels, le parrainage professionnel, l’accompagnement à la recherche d’emploi (CV, orientation, présentation, entretien d’embauche, maîtrise des codes professionnels, interventions, …). Cette nouvelle orientation mise en œuvre depuis 2003, nécessite aujourd’hui une nouvelle organisation et des moyens conséquents
Au nom des membres d’Africagora, je lance donc un appel solennel à toutes les familles, à tous les salariés, cadres, chefs d’entreprises, travailleurs indépendants, professions libérales, étudiants en fin de formation, artistes, intellectuels, … : aidez-nous à aider les jeunes : adhérez et/ou soutenez Africagora par vos dons et cotisations annuelles (100 et 200 euros) afin de permettre à notre association - et aussi à celle qui veut devenir la vôtre - de financer ses projets d’intérêt collectif : un annuaire des compétences et des talents originaires d’Afrique et des DOM TOM (que vous pouvez commander par souscription), un centre de ressources à Paris, pour recevoir, informer, orienter, documenter et accompagner toutes celles et tous ceux qui voudront présenter leur projet à des conseillers et des entrepreneurs, une bourse aux stages et emplois qualifiés via Internet, un journal de promotion et de valorisation des parcours et des initiatives, support aussi pour les bilans mensuels d’interventions, d’activités et d’utilisation de vos dons et contributions.
Ne restez pas en dehors du combat pour l’intégration professionnelle, économique et sociale de tous ces jeunes méritants, courageux et volontaires, qui nous tendent leurs diplômes et leurs espoirs de promotion dans la société occidentale. Notre intégration individuelle est incomplète si les talents de la communauté noire sont destinés à expédier des lettres et des CV à longueur de journées à la recherche de stages et d’un premier emploi. Pendant ce temps, leurs condisciples blancs sont plus vite intégrés dans les entreprises et les centres de décision, à formations et diplômes identiques.
Je vous exhorte, vous les cadres, décideurs, entrepreneurs et personnalités de la diaspora à devenir l’élite de la communauté noire en France par votre implication : au-delà de nos clivages artificiels et des préoccupations égoïstes, apportons nos appuis, nos réseaux, nos compétences et nos soutiens financiers à Africagora, pour que ensemble, nous réussissions ce challenge urgent : assurer l’intégration professionnelle et soutenir la création d’entreprises et d’activités par les jeunes noirs et métis de la diaspora.
Adhérez massivement à Africagora, donnez de votre temps et soutenez la mise en place d’un fond de soutien à la formation, à l’emploi et à l’entreprise pour la communauté. Et n’oubliez pas ce message de Nelson Mandela : “ Tout ce qui se fait pour nous, sans nous, se fait contre nous ”.
Dogad Dogoui
Fondateur d’Africagora
Lettre ouverte au Président Chirac - 1er mars 2004.
Au secours, Monsieur le Président.
Au moment où l'on constate dans notre pays, une recrudescence des
antagonismes entre les composantes de la société, nous vous
lançons un appel urgent pour que vous utilisiez pleinement les pouvoirs qui vous
sont reconnus par la constitution, ainsi que votre autorité, pour imprimer
à la Nation toute entière les vertus du « mieux vivre ensemble » et
du respect des identités de tous nos concitoyens. Il s'agit de mieux faire
connaître aux uns et aux autres les différentes cultures dans
l'hexagone et de faire respecter les différences, afin de lutter contre les
discriminations racistes et ethniques, et de redonner espoir à ceux et celles
qui doutent de leur place dans la société.
Au nom de l'association Africagora qui regroupe des décideurs originaires
d'Afrique et des DOM-TOM, je lance cet appel à votre sens du devoir
de premier Responsable de la nation, pour décréter 2004, 2005 et 2006, années
de la diversité, une grande cause nationale. A l'image des premiers
résultats spectaculaires qui ont suivi la mise en application de votre
décision de lutter contre l'insécurité routière, nous
sommes convaincus que nos concitoyens sauront raison garder et se faire confiance
dans le respect de leurs diversités d'origines, d'ethnies et d'opinions, si
vous preniez la ferme décision de libérer la parole et des moyens
exceptionnels pour assurer une place pour tous en France.
Notre avenir est ensemble, au sein de l'Union Européenne, quelques soient
nos origines culturelles et ethniques, nos appartenances religieuses, la couleur de
notre peau. C'est ensemble, dans la diversité revendiquée comme
richesse de la nation, que nous parviendrons à rehausser l'image de la
France et sa place dans le monde. Pour cela, il convient que tous vous entendent
prôner l'égalité réelle et l'équité
dans le respect de valeurs communes : les uns - relégués au rang de
sous citoyens, bloqués dans leur ascension sociale et en but à un
manque de reconnaissance de leur totale appartenance à la nation - les
autres - confrontés à la peur de l'autre, différent et si
semblable à la fois, et convaincus de leur supériorité par
des succès d'histoire.
Celles et ceux de nos concitoyens que l'on s'évertue à continuer
à nommer « issus de l'immigration » ou d'origine étrangère,
sont des Français à part entière. Ils aspirent à appartenir
pleinement à cette nation pluriethnique, la leur.
Au-delà des mesures nécessaires et des diverses institutions de
lutte contre toutes les formes de discriminations, il faut aujourd'hui mettre en
œuvre un ambitieux programme visible et énergique d'actions positives en
faveur de la diversité : nominations massives de Français appartenant aux
minorités ethniques à des postes de direction et de
décision, incitation des entreprises à adopter une charte de la
diversité, mobilisation de moyens extraordinaires pour accompagner et
soutenir la promotion sociale des talents et potentiels noirs, maghrébins et
asiatiques de France. Et ceci pour la progression de l'image d'une France ouverte,
métissée et exemplaire dans le Monde.
Il est temps de reconnaître le caractère pluriethnique de la nation
française et les spécificités ethniques, culturelles, territoriales ou
patronymiques des discriminations que subissent certains de nos concitoyens :
seules des corrections de même nature permettront de leur assurer une
égalité réelle avec les autres.
Monsieur le Président, en prenant la décision de lancer ce vaste
programme public d'incitation à la diversité, vous permettriez à
la Nation française d'être à l'image de sa société. Devançant
ainsi l'inéluctable accélération du brassage de la
société française dans toutes ses sphères de
décision, vous marquerez certainement l'histoire.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l'expression de notre considération
renouvelée.
Dogad Dogoui
Fondateur du Club Africagora
PS : Africagora vous donne tous rendez-vous le samedi 6 mars à 14h30 au Palais des Congrès
de Paris (Porte Maillot) pour les 3èmes Assises de l’Egalité Républicaine et de la Diversité. Accès libre et gratuit.
L'édito de Décembre 2003
Après les ZEP, créer les « PSP »
Promotions Sociales Prioritaires
Dans une période où en France le débat porte sur les choix de société autour de la laïcité, de l’égalitarisme et du statut quo, il est temps de se poser des questions sur les véritables solutions pour mettre en cohérence la vie de nos concitoyens avec l’idéal républicain.
Lutter contre toutes les formes de discriminations sociales, territoriales et ethniques dont soufrent les minorités, c’est d’abord et surtout assurer l’équité pour tous, à défaut de l’idéal d’égalité toujours espéré. Face aux « handicaps » de la vie et aux conditions de vie de certaines composantes de la société française, il est temps de décréter « les diversités comme grandes causes nationales », au même titre par exemple que la sécurité routière comme l’a définie le Président de la République, avec le succès que l’on sait.
Les équipes de la France « Black, Blanc, Beur » en football, handball ou encore en athlétisme - pour ne citer que des domaines sportifs, fers de lance de la promotion de la marque France dans le monde entier - donnent le ton des résultats obtenus par le travail volontariste de détection des potentiels et de tous les talents, au service de la Nation.
Il est urgent pour l’Etat français d’appliquer à l’insertion professionnelle et à la promotion sociale des « minorités invisibles » et des plus défavorisés, les recettes gagnantes du sport de haut niveau : détection des potentiels et des talents (sans tenir compte du cadre de la vie familiale, de la zone d’habitation, des origines culturelles ou de l’ethnie), formation spécifique, mise en valeur des capacités, et promotion individuelle et collective.
Plus de 20 ans après une politique d’exception et de « discrimination positive » comme les zones d’éducation prioritaires (ZEP), il est grand temps de se résoudre à engager un vaste programme national d’accès à l’emploi, à la politique, aux médias et à l’entreprenariat pour les minorités ethniques dans l’hexagone. Programme que nous proposons d’appeler PSP (promotion sociale prioritaire). La cohésion sociale de la nation et son équilibre futur sont à ce prix.
Il est urgent de reconnaître officiellement en tous ces talents noirs, maghrébins, asiatiques de la France économique, professionnelle et politique, de véritables chances pour la France d’aujourd’hui et de demain : avec des emplois à la hauteur de leurs formations et de leurs compétences, ils contribueront à des rentrées fiscales plus conséquentes et un plus grand équilibre de la sécurité sociale et du régime des retraites, avec un soutien actif et prioritaire accordé aux enfants de migrants, l’équilibre entre majorité et minorités serait mieux assuré.
A défaut d’un pur humanisme à la française, visons au moins l’intérêt national en ouvrant les portes des centres de décision à tous les concitoyens qui en ont les compétences. Quitte à appliquer durant une période de trois ans quatre ans, la priorité aux moins lotis des talents, en tenant compte de leurs origines sociales, territoriales et ethniques.
Dogad Dogoui
Fondateur d’Africagora
L'édito de novembre 2003
Voter c'est compter
Appel pour la diversité en politique et pour une place pour tous en France
Parce que Voter c’est compter, nous appelons les Français issus de l’immigration à
s’inscrire sur les listes électorales avant le 31 décembre 2003, à s’impliquer dans la vie
politique de notre pays et à participer aux élections de 2004.
Nous appelons les élus locaux et nationaux de la République, et la nation toute entière,
à participer à la construction d’une société fraternelle, où tous nos
concitoyens prennent leur place entière dans une nouvelle France, plus équilibrée et humaine.
Parce que voter c’est compter, j’appelle tous mes concitoyens originaires d’Afrique et d’Outremer
à s’exprimer en 2004 sur les choix de société de leur canton, de leur région et
d’une Europe ouverte, démocratique et humaine, afin de construire leur propre avenir et celui de leurs enfants,
pleinement Européens.
Convaincu qu’une société démocratique moderne doit permettre l’ascension et la promotion
sociales de toutes ses composantes pour une meilleure représentativité de tous dans les centres de décision,
nous appelons les partis politiques à assurer la mixité et une représentation de la diversité ethnique,
culturelle et sociale de la France sur leurs listes aux élections cantonales, régionales et européennes en 2004.
Dogad DOGOUI
Fondateur de Africagora
L'édito d'Octobre 2003
Pour l’avènement des Afro Européens dans l’Union
Madrid, 4 octobre. Un conseiller représentant le Maire de Madrid achève
son allocution de clôture en appelant tous les Madrilènes de toutes origines
à s’unir pour construire ensemble la maison commune.
« Il ne s’agit pas de vous accueillir dans la maison, mais de la construire ensemble »,
lance t’il à l’adresse des participants au 1er Congrès de
l’immigration africaine et des communautés noires en Espagne.
Organisée du 2 au 4 octobre dernier par l’ONG Ayuda Sanitaria,
avec le soutien de la toute récente « Union des communautés noires et des
collectivités africaines en Espagne », cette manifestation a réuni
les communautés noires les plus représentées à
Madrid : Colombiens, Dominicains, Equato-Guinéens et Sénégalais.
J’ai eu l’honneur d’y représenter Africagora via une
intervention sur l’intégration des diasporas africaines par la
formation et l’économie.
J’y ai aussi lancé un appel au rassemblement de toutes les
compétences des diasporas africaines, afin de réussir
l’intégration au sein de l’Union Européenne de
nos enfants ayant des ascendances africaines.
A l’approche de l’adoption de la Constitution européenne, de
l’entrée officielle de dix nouveaux états dans l’Union et
du renouvellement du Parlement européen, Africagora a aussi présenté
la campagne « Voter c’est compter ». Cette campagne nationale que nous
lançons à partir de ce mois d’octobre dans l’hexagone - afin
d’inciter les Français issus de l’immigration et tous les exclus
à s’inscrire sur les listes électorales et à
s’exprimer - a rencontré un vif succès durant le congrès
de Madrid. « Nous sommes aussi des Afro Espagnols, et nous demandons à Africagora
d’adapter cette campagne pour notre pays » m’ont demandé
les organisateurs de cette rencontre.
A partir de ses membres résidant à Madrid, Bruxelles et Londres, Africagora
compte adapter la campagne « Voter, c’est compter » pour l’ensemble des pays
de l’Union, afin d’inciter les Afro Européens à exprimer en juin
leur pleine appartenance à l’Europe.
2004 devrait ainsi voir l’avènement d’une coordination des
Afro Européens, surtout Européens au même titre que leurs
concitoyens et désireux d’apporter leurs opinions et leurs contributions
à l’édification de l’avenir de leurs enfants.
Rendez-vous est d’ores et déjà pris pour le congrès
européen des diasporas africaines organisé à Paris par
Africagora le dimanche 9 mai, la « Journée de l’Europe ».
Dogad DOGOUI
Fondateur de Africagora
L'édito de septembre 2003
Mêlez-vous de ce qui vous regarde !
A vous, fils et fille d’Afrique et de la diaspora, installés partout
dans le monde, sans renier, ni oublier l’Afrique, la mère de l’humanité,
sachez apprécier votre pays de résidence et vous souvenir que
vous êtes aussi d’ici, même si vous venez de là-bas,
à travers vos proches ou lointaines ascendances.
Que vous soyez immigrés d’Afrique, de la Caraïbe ou du Pacifique,
ou nés en Europe, vous les Euro Africains devez prendre conscience de
votre place sur ce continent aux côtés de vos concitoyens. Ne laissez
pas l’Union Européenne se construire sans vous, sans prendre la
place qui vous revient, sans faire valoir vos contributions professionnelles,
économiques, financières, techniques, scientifiques, artistiques,
culturelles, sportives, spirituelles, …
Au fil des siècles de barbaries et d’épreuves de toutes
natures (esclavage, colonisation, efforts de guerres pour sauver l’Europe,
exploitations des ressources minières, géologiques et agricoles),
l’Afrique a été saignée et dépouillée.
Mais, l’avenir lui appartient : sa vigueur, sa jeunesse, ses immenses
richesses, sa diaspora font encore d’elle le continent de demain. Il vous
appartient donc – vous les fils et filles de la diaspora africaine en
Europe – de remplir votre mission : valoriser vos racines, vos cultures
et votre histoire, représenter votre continent ou celui de vos parents,
faire partager à tous les pays de l’Union Européenne les
valeurs de partage, de solidarité et d’humanisme de vos ancêtres.
L’avenir de vos enfants ici sera ce que vous en
ferez !
Au moment où dix nouveaux pays vont rejoindre l’espace communautaire,
il vous appartient, à vous minorités euro-africaines, de faire
valoir vos droits et de préciser votre place, face à l’intégration
de nouvelles minorités ethniques venues d’Europe de l’Est.
C’est par une implication de tous les instants dans toutes les sphères
de décision de vos états que la composante euro-africaine de l’Union
sera prise en compte. 2004 marque une nouvelle ère dans la construction
de l’Europe, avec de nouvelles élections au Parlement, et une réflexion
vers la mise en place d’une constitution et d’institutions représentatives.
Ne restez pas en marge de la construction européenne. Impliquez-vous
dans vos pays dans la vie citoyenne et les sphères de décision,
tant au niveau local que national. Inscrivez-vous massivement sur les listes
électorales et dans les partis politiques pour présenter les préoccupations
de ceux et celles qui se sentent oubliés par la Nation. Préparez
votre avenir et surtout celui de vos enfants en participant à la vie
publique et à la gestion de la cité. A la recherche de vos droits
et de l’égalité des droits de tous vos concitoyens.
Alors, impliquez-vous dans la gestion de la chose publique au niveau local,
régional, national et communautaire. Il appartient particulièrement
aux décideurs, entrepreneurs, cadres, techniciens, syndicalistes, responsables
associatifs, représentants des communautés et autres personnalités
afro européennes, se s’impliquer dans la vie politique et de s’imposer
dans le débat démocratique. Mêlez-vous de ce qui vous regarde,
l’avenir de vos enfants et la place de vos valeurs dans la construction
de votre Nation.
Dogad DOGOUI
Fondateur de Africagora
L'édito d'août 2003
La diaspora veut participer au développement des TICs en Afrique
Dakar, le 31 juillet 2003 - Au moment où s'achève
le Forum régional de l'UIT pour l'Afrique, organisé par l'Union
Internationale des Télécommunications, agence des nations unies
basée à Genève, le Club Africagora est heureux d'annoncer
que sa proposition d'appel particulier à la diaspora africaine a été
inscrite dans les conclusions de cette rencontre.
Ce forum qui a réuni 163 délégués provenant de 28
pays et 18 organisations - dont Africagora - avait pour thème "partenariat
des secteurs public et privé pour le développement des TICs".
Au nom du Club Africagora, j'ai demandé et obtenu du forum le rajout
dans les conclusions d’une recommandation à l'endroit du secteur
public et du secteur privé africain, ainsi rédigée : "mettre
en place une politique spécifique et des conditions favorables pour identifier
et attirer en Afrique les ressources humaines et financières des diasporas
africaines".
Il nous appartient maintenant, à nous membres de la diaspora africaine,
de nous mobiliser pour prendre en charge et participer à des programmes
régionaux et continentaux de transfert de technologies et de compétences
(notamment via les universités en ligne et les satellites), de ressources
financières pour le soutien à la création et au renforcement
du secteur privé des TICs en Afrique (informatique, Internet, télécommunications,
multimédia, audiovisuel, ...). Tel est notre credo vis-à-vis de
l'Afrique.
La diaspora veut participer au développement économique et industriel
de l'Afrique, notamment à travers les technologies de l'information et
de la communication (TICs). L'annuaire des compétences de la diaspora
(en cours de réalisation) et le montage de projets d'accès universel
aux TICs, de formation de formateurs des populations déconnectées
en Afrique et de perfectionnement des experts africains, sont autant de piste
de la participation de Africagora au développement du continent noir.
Bonne rentrée à tous.
Dogad Dogoui
Fondateur du Club Africagora
L'édito de juillet 2003
Hommage à Aîmé Césaire
Bamako, le 30 juin 2003 - A l'heure où s’achèvent à
Bamako les 1ères Rencontres Afrique – Amériques - organisées
par les éditions Cauris et les éditeurs de livres du Mali –
en hommage au 90 ans du poète Aimé Césaire, j’adresse
un appel à tous les fils et filles d’Afrique, éparpillés
dans le monde.
Appel au rassemblement, à l’unité, au sursaut et à
la coopération entre tous, pour que l’Afrique prenne sa vraie place
dans le concert mondial, et transmettre ses valeurs à l’humanité.
Soyons fiers d’être Africains d’Europe, des Amériques,
d’Asie ou d’Océanie, et portez haut les couleurs du continent.
C’est à nous que revient le rôle d’ambassadeur de l’Afrique
hors du continent noir, et aussi pour apporter notre contribution à l’universel
et à l’humanité.
Par nos compétences, notre investissement, notre formation et notre
implication dans la vie de la cité, le dialogue et les échanges
diversifiés avec nos concitoyens, nous poursuivrons l’œuvre
de Césaire, Senghor et Damas. Soyons nous-même et utilisons l’héritage
du grand poète africain de la Martinique que le monde célèbre,
pour refuser la soumission et le rabais de nos identités, tout en encourageant
le métissage culturel.
Que nous résidions en France, en Suisse, en Belgique, en Angleterre,
en Italie, en Espagne, au Portugal, en Allemagne, en Russie, dans les Antilles,
au Brésil, aux USA, au Canada, dans l’Océan Indien, en Chine,
au Japon ou en Australie (…), il nous faut faire preuve d’esprit
d’initiative et de collaboration avec les sociétés civiles
locales pour faire prévaloir nos identités ouvertes sur le monde.
Restons aussi attachés à l’Afrique, berceau de l’humanité
et terre d’avenir, si nous voulons bien contribuer à son rayonnement
par nos compétences et nos ressources.
Africains de tous les coins du Monde, participons à la construction
d’une société de l’universel où l’humanité
toute entière bénéficiera de l’apport des identités
culturelles des sociétés africaines millénaires. Mettre
l’Afrique et ses valeurs au cœur de l’humanité, telle
est l’ambition d’Africagora.
Dogad Dogoui
Fondateur de Africagora.
L'édito de juin 2003
Diasporas africaines de tous pays : unissons-nous !
"Africains de l'extérieur" : telle est l'appellation de tous
les fils et filles du continent noir qui s'en sont allés un jour, de
gré ou de force, contraints par leur existence ou guidés par le
goût de l'aventure, vers de nouveaux horizons, proches ou très
éloignés de la mère de l'humanité. Fils d'esclaves,
de colonisés, de "tirailleurs sénégalais", de
travailleurs immigrés, d'étudiants ou de cadres expatriés,
vous avez avec vous - en Europe, en Amériques ou en Asie du Sud Est -
une partie de l'Afrique.
"Pour savoir où on va, il faut savoir d'où on vient".
Cette maxime est de plus en plus d'actualité pour les Africains du Monde
sans cesse ramenés à leur statut d'étrangers, même
quand ils sont nés sur le même sol que leurs concitoyens. Africains
Américains ou Africains Européens, nous sommes des Africains,
revendiquons-le et assumons-le. Mais, pour la grande majorité d'entre
nous, membres de la diaspora, venus ou nés de parents venus de LA BAS,
nous sommes aussi d'ICI.
Il nous appartient d'apporter aux autres communautés, nos valeurs et
celles de nos parents, pour construire une nouvelle société en
Occident, qui tienne compte des identités de solidarité, de partage,
de fraternité, d'humanité, de respect des aînés,
socles de notre africanité. Notre intégration dans les sociétés
occidentales ne pourra se faire que si nous acceptons de prendre et de donner,
d'absorber la culture de l'autre et de diffuser la nôtre, donc d'intégrer
dans un double sens.
Dans ce processus, il appartient aux décideurs, cadres, entrepreneurs
et personnalités originaires d'Afrique et d'Outremer de donner l'exemple,
de se mobiliser et de s'investir dans la recherche d'un respect mutuel entre
les diverses communautés ethniques de nos nations. Et ceci, à
partir d'une meilleure diffusion pour la connaissance de nos traditions, cultures,
identités, civilisations.
L'insertion professionnelle, économique et sociale individuelle de chacun
de nous permet de faire avancer la cause des diasporas africaines, à
condition que nous acceptions de servir d'exemples et de passerelles, et d'aider
les moins favorisés parmi les membres de nos communautés. L'intégration
collective de nos communautés dans le respect de la collectivité
est à ce prix.
L'union fait la force dit-on. Les diasporas africaines ne pourront prendre leur
place en Occident que si elles le prennent, littéralement. Frappons aux
portes de nos états, proposons nos services et nos compétences,
soutenons la formation professionnelle et la création d'entreprises,
investissons-nous dans la vie de nos cités, le débat public et
l'action politique pour faire entendre nos particularités et faire respecter
nos spécificités par les gouvernants.
Rejoignez Africagora et participez au rayonnement et à la promotion sociale
de nos compétences.
Dogad DOGOUI
Président du Club Africagora
L'édito de mai 2003
Etats monocolores contre nations métisses
Comment laisser leur place à ces enfants de l’immigration nés
en France, en Belgique, en Allemagne, en Angleterre, en Suisse, aux Pays-Bas,
au Portugal, sans reconnaître ni leurs compétences, ni leurs spécificités culturelles
et ethniques ?
Que faire aujourd’hui pour assurer aux nations européennes leur homogénéité
dans la diversité ethnique et culturelle ?
A quand une figure politique et économique issue des minorités ethniques en
France ?
A ces trois questions, je ne peux répondre que par une plus grande participation
des personnes concernées à la vie de leur pays, de leur cité,
de leur démocratie. Leur visibilité médiatique, politique
et économique sera un gage de la lutte contre l’enfermement communautaire,
à condition que les portes des centres de décision ne leur soient
pas fermées.
Au-delà d’une politique commune et ambitieuse de l’immigration
(l’une des chances de réussite du Vieux continent sur les plans culturel,
économique et démographique), l’Europe doit de toute urgence
se saisir de la question de la place des minorités ethniques dans ses institutions
et dans la société civile.
Un Européen est-il nécessairement blanc ? Quid du Noir, de
l’Arabe ou de l’Asiatique européen, né au sein de l’espace
communautaire ? Il faudra à l’Union se saisir de toute urgence
de ces questions fondamentales qui guident le devenir d’une civilisation.
L’ère est au métissage culturel et ethnique, au brassage de
populations d’origines diverses. Il convient que les centres de décision
de nos sociétés – politiques, médiatiques, économiques,
culturels, scientifiques, techniques – soient à l’image de
nos nations : bigarrés.
En France, Africagora rassemblera le 14 juin à Paris pour
les « 2èmes Assises Nationales de l’Intégration
Républicaine », les diverses couches de la population
multicolore venue de toutes les régions de la France. Notre club veut apporter
sa pierre à la construction d’une République métissée,
« en haut et en bas ». Pour cela, il œuvre à
l’identification, à la reconnaissance et à la promotion sociale
des compétences originaires d’Afrique et d’Outremer dans toutes
les sphères de décision du pays : administration, entreprises,
médias, partis politiques, syndicats, grandes écoles, armée.
Il y va de l’intérêt national d’assumer la diversité
à tous les échelons, et de le faire aussi bien par calcul politique,
par vision à long terme, que par altruisme, ...
Un grand homme qui a rencontré son destin et qui a su s’y inscrire
durablement, grâce à une certaine idée de la France et à
une ambition pour son pays, disait « un pays n’a pas
d’ami, il n’a que des intérêts ».
A la suite du Général de Gaulle, je dirais que les intérêts
de la France et de l’Europe se situent dans le métissage et la diversité
ethnique. Il y a urgence à les décréter et à les réaliser ?
Dogad Dogoui
Président du Club Africagora
L'édito d'avril 2003
21 avril 2002 : un an après. Quoi de neuf
pour les minorités ethniques en France ?
Depuis quelques années, l’Europe est à nouveau confrontée
à la montée des périls xénophobes et racistes. « L’autre »
fait peur, quand il vient d’ailleurs et encore plus quand il est d’une
autre couleur. Ces derniers temps, l’Autriche, les Pays-Bas, l’Italie,
l’Allemagne et la France ont montré à la face du monde des
visages indignes de leur rang, de leurs messages universels et de leurs leçons
aux autres peuples de notre planète.
En France, la société va se souvenir le 21 avril prochain de
ce que les commentateurs ont nommé « séisme électoral »
avec l’arrivée du représentant du parti d’extrême
droite au 2e tour de l’élection du Chef de l’Etat, premier
personnage de la République française, le creuset des droits de
l’Homme et du Citoyen. Un citoyen qui n’a plus confiance en ses
« représentants » et qui le fait savoir, au risque
de se précipiter dans un naufrage collectif. Mais, qu’arrivera-t-il
si rien en change et que le métissage stagne…
Après une campagne électorale empoisonnée – souvenons-nous
– par le thème de l’insécurité (c'est-à-dire
des ghettos pauvres des banlieues des villes et de leurs cortèges de
chômeurs oisifs noirs et maghrébins principalement), l’étranger
a été montré du doigt. Un « étranger »,
né Français mais sans l’être réellement, et
à qui la société, les élus, les enseignants, les
policiers, les gardiens d’immeubles, les bailleurs des logements sociaux…
rappellent qu’il est né de parents immigrés. Comme un bon
tiers de tous les Français…
« Et un, et deux et trois générations, nous
sommes tous des enfants d’immigrés » criaient
les jeunes Noirs, Blancs, Maghrébins, Asiatiques, Indous ou Turcs, de
toutes origines sociales, ethniques, géographiques, reflets de la diversité
de la République. Un an après, chacun est reparti dans son camp,
à son poste. La Ve République se meurt du manque de débat
de fond, dans la clarté et la transparence, dans la vérité
et sans hypocrisie. Les Noirs et les « Arabes » de France
font partie intégrante de la Nation. Les conditions d’exclusion
sociale, professionnelle et économique de la majorité d’entre
eux reposent sur des critères ethniques ou géographiques.
Ne nous voilons pas la face, appelons les choses par leur nom, à condition
que le politique tranche avec des solutions claires, qu’il assumera au
moment de nous demander de renouveler son mandat : la France est métissée…
en bas. Il faut maintenant et de toute urgence colorer la France d’en
haut, encore trop souvent ghetto de Blancs, de diplômés
de grandes écoles, d’hommes cinquantenaires parisiens (d’adoption
si ce n’est de naissance).
Le Gouvernement s’est enfin décidé à prendre à
bras le corps l’accueil décent des étrangers arrivant sur
notre sol. Bravo pour les mesures, attendons d’en voir les actes et applications.
Mais la vraie urgence pour « sauver » la Ve République,
c’est la place des minorités ethniques françaises dans la
société, dans les centres de décision. Il est urgent de
donner à chacun une place digne, dans la fraternité et l’égalité
républicaine, c’est-à-dire celle des chances égales
à l’école, dans l’entreprise, l’administration
et les centres de décision : cela passe aussi par des symboles forts
et volontaristes. Ici et maintenant...
Au moment où le Ministre de l’Intérieur s’engage
dans l’organisation de la minorité musulmane afin de donner à
l’Etat un interlocuteur pour la gestion des problèmes de ce culte,
il faut rappeler à l’Etat et à la société
civile que les énergies ne seront pas libérées sans parler
vrai, sans déblocage public de la promotion sociale des minorités
ethniques et sans leur reconnaissance officielle et sans tabou : comment
soigner un mal si on ne parvient pas à le localiser et si on fait mine
de l’ignorer. L’identité d’un individu passe par ses
origines, sa langue maternelle, son terroir, sa classe sociale. Reconnaissons-le.
La France est une République plurielle et indivisible. L’intérêt
supérieur commande à tous d’accepter un France métissée,
qui n’est donc ni blanche, ni noire, mais Blanche et noire, avec toutes
les nuances qui composent le spectre de couleurs sur la planète commune.
Il appartient aussi aux élites intellectuelles et financières
africaines de France de s’engager collectivement dans l’exemplarité
et la solidarité avec les plus exclus, pour la promotion sociale, économique,
professionnelle et politique des minorités ethniques.
Dogad Dogoui
Président du Club Africagora
L'édito de mars 2003
L’intégration des Noirs passe par la femme
Terre historique d’immigration et d’intégration des cultures
d’origine identique, le continent européen est depuis quelques
décennies confrontée aux échecs liés à l’absence
d’une véritable politique d’intégration des migrants
venus d’Afrique, issus de cultures et d’identités différentes.
Porteuse des valeurs de partage et d’écoute de l’Afrique,
donneuse de vies et premier maillon de la chaîne d’éducation
de nos enfants - même ceux nés en Europe - la femme noire est celle
par qui passera l’intégration. Dans ce mois de mars, où
tous les peuples du monde viennent de célébrer la journée
internationale qui lui est dédiée, il est temps de se souvenir
que la femme est mère d’une humanité contrôlée,
dirigée et asservie par l’homme. Femmes d’Afrique ou femmes
de la diaspora, les Noires symbolisent tout particulièrement cette humanité,
ce sens de la vie de couple et de famille, et celui des responsabilités
sociales, économiques et financières au sein d’une communauté.
Rendons hommage à ses migrantes venues d’Afrique et de la Caraïbe
- d’abord pour rejoindre un mari isolé dans ses missions de bâtisseur,
d’ouvrier ou de fonctionnaire dans une France, en mal de main d’œuvre
– puis à la recherche du savoir et de la connaissance occidentale.
Aujourd’hui, leurs filles s’insèrent lentement et progressivement
dans les rouages professionnels des administrations, des entreprises, des médias
et même des partis politiques en Occident. En cela, elles montrent à
leurs mères une image d’indépendance pas tant décriée
que cela, mais ô combien salutaire, à condition que le respect
mutuel soit ancré dans le couple au quotidien.
Par la négociation, par une approche plus intelligente du rapport à
l’autre, et aussi par le charme (une autre « arme » à
sa disposition pour faire respecter sa dignité), la femme noire de France
a compris qu’elle avait un rôle de premier plan à jouer dans
l’intégration professionnelle, économique et politique de
sa communauté. Comment s’adapter aux us et coutumes occidentales,
sans renier ses valeurs propres ? Il suffit d’observer la femme noire
dans sa quête de respectabilité et dans son sens du compromis.
Comme partout sur notre planète meurtrie, où les femmes démontrent
toutes leurs qualités de négociatrice et de sauvegarde de l’essentiel
(la vie), les femmes noires de la diaspora nous montrent les voies de l’intégration
réussie. Prenons-en de la graine.
Dogad Dogoui, Président du Club Africagora
L'édito de février 2003
Aidez-nous nous à vous aider !
Le projet d’annuaire des compétences des diasporas africaines
prend forme.
Imaginé en 2002 par les dirigeants de notre organisation, le « Team
Africagora » - base de données de compétences et d’entrepreneurs
originaires d’Afrique et de la Caraïbe – réunit à
ce jour 560 noms.
Nous prévoyons une première parution électronique au deuxième
trimestre 2003 sur ce site Internet, avant d’éditer la première
édition 2004 à la fin de cette année, au moment du 1er
Forum Mondial des Diasporas Africaines et du Salon des entrepreneurs d’Afrique
et d’outremer les 28 et 29 novembre 2003 à Paris.
Africagora convie le 21 février en fin de journée toutes les
compétences et les entrepreneurs africains et caribéens de France
à une rencontre à l’hôtel Concorde Lafayette de Paris,
porte Maillot. Objectifs : d’une part, identifier et promouvoir les
compétences de tous secteurs au sein de la société, d’autre
part, les présenter aux délégations des états africains
au 22e Sommet Afrique – France au palais des congrès, porte Maillot.
A l’instar des diasporas indiennes ou chinoises qui – d’Europe
de l’ouest ou d’Amérique du Nord s’impliquent dans
le développement de leur « continent » d’origine
– les diasporas africaines et caribéennes se tiennent à
la disposition des dirigeants économiques et politiques du continent
noir pour apporter investissements et savoir-faire et assurer un transfert de
leurs compétences. Le Team Africagora est de réunir ces compétences
de toutes natures pour les mettre à disposition de l’Afrique :
avocats, médecins, comptables, informaticiens, consultants, magistrats,
banquiers, assureurs, ingénieurs, industriels, techniciens, enseignants,
journalistes, artisans, …
Africagora lance un appel aux dirigeants africains pour qu’ils puisent
dans ce vivier et nous aide à aider l’Afrique.Que Dieu bénisse
les diasporas africaines et leurs soutiens, et nous guide dans une intégration
citoyenne.
Dogad Dogoui
Président du Club Africagora
L'édito de janvier 2003
Bonne année 2003
En cette traditionnelle période de voeux, permettez-moi de vous souhaiter,
au nom du bureau du Club Africagora et des membres de notre organisation, tous
mes voeux les meilleurs pour 2003.
Ensemble, nous espérons contribuer à une meilleure intégration
économique, professionnelle, sociale et politique des communautés
noires des diasporas issues de toutes les migrations. Puisse cette année,
que nous avons placée pour notre part sous le signe de l'intégration
et de la citoyenneté, permettre que les diasporas africaines choisissent
d'oeuvrer à leur propre intégration dans leurs pays d'accueil
ou ceux de leurs parents, dans le respect des valeurs des communautés
hôtes.
En Europe, la place des Noirs dans les sociétes sera peut-être
celle que nous voulons en faire, mais certainement pas celle que nous n'aurons
pas appelée de nos voeux, de notre volonté et de nos actions.
Que Dieu bénisse les diasporas africaines et leurs soutiens, et nous
guide dans une intégration citoyenne, volontaire et responsable.
Dogad Dogoui
Président du Club Africagora
L'édito de décembre 2002
Assumer la France métissée
Terre historique d’immigration et d’intégration des cultures
d’origine européenne, la France est depuis quelques décennies
confrontée aux échecs liés à l’absence d’une
véritable politique d’intégration des migrants venus de
l’hémisphère Sud, porteurs de cultures et d’identités
différentes de l’Europe. Il appartient à la Nation toute
entière de partager le souci collectif de la réussite de la mixité
sociale, culturelle et ethnique des diverses composantes de notre pays. Le métissage
a toujours été le creuset de la France ; Que nous soyons d’origine
européenne, africaine, asiatique, caribéenne, ou maghrébine,
il nous faut assumer notre héritage commun et construire ensemble notre
avenir, au sein de l'Union européenne.
Au-delà des récentes annonces du Président de la République
et du Gouvernement (traduisant enfin ! une réelle volonté
de mettre en place une politique claire de l'immigration), Le Club Africagora
se propose d'explorer les voies et moyens d'une véritable intégration
des populations issues des migrations africaines et caribéennes. Et ce,
en collaboration avec les pouvoirs publics de notre pays.
Quelle politique adopter face aux directives européennes sur la discrimination
positive et le soutien aux minorités ethniques ? Comment définir
le concept de "minorités ethniques" dans le cadre de la République
et de la constitution française ? Quelles solutions pour faire accéder
les compétences issues des communautés noires, arabes et asiatiques
de France à des postes de responsabilités de l’Etat, dans
les entreprises, les partis politiques et la fonction publique ? Voici quelques
thèmes abordés lors du 4e Forum Africagora le 7 décembre
à l’Assemblée Nationale.
Dogad DOGOUI
Fondateur du Club Africagora
L'édito de novembre 2002
L’unité dans le respect de la diversité
!
Le Club Africagora est-il le symbole de la hantise multiculruelle ? C’est
la question qu’il convient de se poser devant les réticences que
d’aucuns affichent à l’égard du club Africagora. Les
questions et remarques sont-elles : « Que souhaitez-vous faire, diviser
la République ? », « Vous contribuez à la création
d’une société communautaire ! », « C’est
du communautarisme ! », « C’est dangereux et en totale opposition
avec le modèle républicain ! », « Il n’y a pas,
en tant que tel, de problème des noirs en France » etc. Bien que
compréhensibles ces réactions font l’impasse sur la réalité
multiculturelle française.
Tout d’abord, il faut rappeler que la société française
a longtemps considéré que son modèle républicain
d’intégration était le seul à devoir exister
mais force est de constater que celui-ci non seulement n’a pas donné
satisfaction avec la composante africaine de notre nation, mais n’a tout
simplement jamais existé. Et pour cause. Jusque dans les années
1970-80, la République n’a pas établi de projet politique
d’intégration, son « ersatz » - l’assimilation
- se heurtant à la volonté des peuples de conserver leur identité.
Pourtant ce modèle se voulait celui de la République accueillante
vis-à-vis des étrangers et garante de leur accès à
l’égalité et à la citoyenneté.
Ainsi pendant longtemps, il n’y a tout simplement pas
eu prise en charge politique de la question de l’intégration des
populations issues de l’immigration. La conséquence : des forts
taux de chômage, de délinquance et d’échecs scolaires,
corollaire non seulement d’une carence politique, médiatique et
économique à résoudre le « problème »,
mais aussi et surtout reflet d’une stigmatisation d’un pan entier
de la société au titre de ses caractéristiques superficielles.
Car loin de constituer une richesse dans le panorama français nous constatons
que, ses traits distinctifs - notre couleur de peau et nos cultures d’origine
– ont été, sont et demeurent des tares pour la République.
Amplifiant les difficultés sociales que peuvent rencontrer des populations
en France, issues des migrations africaines et antillo-guyanaises, et constituant
une sérieuse entrave à un traitement égalitaire de ces
communautés, définies de facto comme telles.
Quelle est alors, notre approche à cet égard ? D’abord,
elle procède d’une démarche entrepreneuriale, ayant vu se
créer le club Africagora, qui exhorte à réaliser des actions
volontaires et volontaristes. Ensuite, nous affirmons que pour aller au-delà
du concept de couleur, souvent pris en compte dans les critères
de sélection, il faut plutôt que d’adopter la politique de
l’autruche et faire fi de nos différences, en avoir conscience
et œuvrer à la création d’un nouveau modèle
Républicain très pragmatique qui tienne compte du caractère
multiculturel de la France et s’en enrichisse. De sorte que, la couleur
de peau, spécialement la noire, cessera d’affecter négativement
et injustement les chances de réussite de ces populations au sein de
la Nation française.
C’est le sens de la vision d’Africagora qui se refuse à
une dérive identitaire - qui remettrait en cause l’unité
de la nation - tout comme il se refuse à l’aveuglement béat
ignorant la différence de ses composantes. Ainsi, l’acceptation
de la richesse de nos différences permettra-t-elle non seulement de réaffirmer
nos principes de liberté et surtout d’égalité, mais
encore d’établir un modèle où l’unité
se fait dans le respect de la diversité.
Idrissa Diabira
Secrétaire adjoint du Club Africagora
Coordinateur de la Mission Intégration Professionnelle
L'édito d'octobre 2002
En France, le Président de la République vient d'annoncer la mise
en place d'un contrat d'intégration des nouveaux immigrants.
Au-delà du débat sur les conditions de mise en oeuvre et d'application
de ce contrat mutuel, nous notons avec satisfaction cette avancée significative
: la prise en compte positive des problèmes d'immigration en France. Cependant,
nous attendons les décisions concrètes et les décrets d'application
des lois que présentera le gouvernement français au parlement.
Le Club Africagora qui entend participer à la réussite de l'intégration
économique, professionnelle, politique et culturelle des diasporas noires
dans la société française, ne peut que se féliciter
de cette première étape décisive dans la recherche de solutions
politiques et humanitaires à l'arrivée de nouveaux migrants. Il
reste tout de même à engager et appliquer une politique volontariste
pour l'ascension sociale et politique des compétences issues de l'immigration
dans toutes les sphères de la société et de l'Etat.
Il nous appartient aussi, à nous diasporas africaines en Europe, d'oeuvrer
et d'apporter nos propositions et nos participations à toute politique
de respect mutuel des identités et des valeurs républicaines,
et de mise en valeur des innombrables compétences africaines disponibles
pour construire l'Europe de demain.
Donnons maintenant un espoir aux jeunes Noirs de l'espace européen.
Dogad DOGOUI
Fondateur et Président
du Club Africagora
L'édito de septembre 2002
africagora.org, un lien entre les diasporas africaines
Il est ouvert, le site Internet du club et du réseau Africagora. Vous
allez enfin pouvoir vous faire une meilleure idée de nos réalisations
et réflexions depuis le lancement du concept en 1999 à Paris.
Sur ce site, vous aurez tous accès aux archives de nos réalisations
(actes de colloques et forums d'affaires), dossier de presse et présentation
des trois composantes de l'association (business club, intégration professsionnelle,
forum des élus) et à l'agenda de nos activités et projets
à court, moyen et long termes.
En adhérant au Club Africagora, vous recevez un mot de passe pour l'espace
membre afin d'accéder aux oportunités d'affaires, aux dates des
réunions internes et au forum entre membres.
Internautes de la diaspora, d'Afrique ou Amis de l'Afrique, vos remarques sont
les bienvenues afin d'améliorer constamment notre site. Africagora, une
place publique d'échanges, d'engagements et d'opportunités, consacrée
à l'Afrique et aux Africains de la diaspora, pour l'Afrique maintenant.
Bonne navigation.
Dogad Dogoui
Fondateur et Président
du Club Africagora
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